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DANS TES YEUX, J'AI VU LE REFLET DE L'OR ET DE LA MORT
par
Jorge Canete

avec une création musicale de Priscille Oehninger
 

Avril 2026 - Août 2026

 

Performance au Temple

Le jeudi 28 mai à 19h30, au Temple de Grandson

La voix de Manuela Salvi et l’alto de Priscille Oehninger accompagneront le dévoilement symbolique de l’installation. Les textes lus par Manuela Salvi sont issus de phrases écrites quotidiennement par Jorge Cañete durant la préparation du projet : de brèves adresses au corbeau, entre incantation, prière et méditation.

Priscille Oehninger interprétera une pièce composée spécialement pour cette installation, faisant résonner l’espace du temple comme une chambre d’échos entre mémoire, destin et passage.

Cette performance constitue un moment autonome, mais profondément lié à l’exposition : elle en déploie la dimension sonore, vocale et spirituelle. Là où l’installation invite le regard à descendre dans le caveau, la performance fait monter la parole et la musique dans l’espace du temple.

Entrée libre.

On ne s’éclaire pas en imaginant des figures de lumière, mais en rendant consciente l’obscurité.

Carl Gustav Jung, Alchemical Studies (Collected Works, vol. 13)

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À l’occasion des commémorations liées aux 550 ans des batailles de Grandson et de Morat, La Galerie Philosophique présente une exposition de Jorge Cañete où l’histoire devient matière intérieure, miroir symbolique, territoire de méditation.

L’exposition prend ancrage dans un événement tragique de mars 1476 : après la prise du château de Grandson par Charles le Téméraire, la garnison bernoise fut pendue et noyée. Peu après, l’armée bourguignonne dut fuir, abandonnant derrière elle un campement chargé d’or, de tapisseries, de joyaux et de richesses.

Mais ici, l’histoire n’est pas racontée comme une chronique militaire. Elle est traversée autrement : depuis le regard du corbeau, figure psychopompe, témoin des corps et des trésors, de la mort et de l’éclat. Dans ses yeux se rejoignent deux visions que tout oppose et que le destin, pourtant, rassemble : la disparition des vies et la splendeur des choses.

Photographies, peintures, miroirs, plumes, branches, cire, or et voix composent un ensemble où chaque élément agit comme un seuil. La figure du corbeau traverse l’exposition comme un guide silencieux : oiseau de mémoire, de passage, de présage, mais aussi de transformation.

L’exposition interroge ce moment où l’or et la mort se reflètent l’un dans l’autre. Que reste-t-il d’une bataille lorsque les armes se taisent ? Une trace. Une image. Une peur. Une fascination. Peut-être aussi une question adressée à chacun : que faisons-nous de ce que l’histoire dépose en nous ?

Comme souvent dans le travail de Jorge Cañete, l’œuvre n’est pas seulement à contempler. Elle invite à une expérience intérieure. Elle propose un déplacement : du fait historique vers la mémoire symbolique, de la tragédie collective vers une méditation sur le destin, de la mort vers la possibilité d’une lumière.

Dans tes yeux, j’ai vu le reflet de l’or et de la mort est une exposition sur ce qui demeure après l’événement : non pas seulement dans les archives, mais dans les images, les lieux, les corps, les songes.

Une invitation à regarder l’histoire comme un miroir.
Et à y reconnaître, peut-être, notre propre part d’ombre et d’or.

Speculum Stellae

Installation rituelle dans le caveau

Au cœur du parcours, dans le caveau, l’installation Speculum Stellae prolonge cette réflexion sous une forme immersive et rituelle.

Sept miroirs et sept branches y composent une cartographie des destins. Chaque branche devient le signe d’une existence : chemins pris, chemins imposés, bifurcations, pertes, fidélités secrètes. Dans les miroirs, les lignes se prolongent, se fragmentent, se répondent. Le visiteur ne regarde plus seulement l’œuvre : il entre dans son reflet.

L’installation ne cherche pas à illustrer la bataille. Elle ouvre un espace de résonance. Les branches suspendues évoquent à la fois les arbres du supplice, les ramifications du destin et les constellations invisibles qui relient les vivants aux morts. L’or, discret, apparaît comme une lumière de l’ombre : non pas richesse triomphante, mais éclat fragile, presque funéraire.

Dans ce lieu souterrain, le regard se ralentit. Le passé cesse d’être une date. Il devient une présence.



Biographies:

Priscille Oehninger

Musicienne plurigenre issue d’une formation classique, Priscille Oehninger obtient un Bachelor et un Master auprès de Bruno Pasquier, avant de tracer sa propre voie entre composition, création sonore et performance.

Curieuse et audacieuse, elle développe ses projets personnels tout en collaborant avec des artistes d’horizons variés tels que John Cale, Ebony Bones, Erik Truffaz ou James Noël. Son travail explore les passages entre musique, théâtre, image et expérience sensorielle.

Lauréate de la bourse Théâtres Solidaires en 2021 et de la bourse Recherche et Développement artistique du Canton de Vaud, elle est également nominée au Prix culturel du Nord vaudois en 2024. En 2022, elle sort ELEMENTS, projet et album phono-graphique en coproduction avec Christophe Calpini, mêlant sons et images dans une approche poétique.

Actuellement engagée dans plusieurs projets scéniques, ToutTourne, ELEMENTS Live et Calpini / Belin / QuartelQuartet, Priscille Oehninger poursuit une recherche sensible autour des textures sonores, de l’improvisation et de la présence. À travers chacun de ses projets, elle tisse des ponts entre les genres et les disciplines, cherchant une musique qui respire, se voit et se ressent.

 

Manuela Salvi

Manuela Salvi est journaliste et voix de radio. Son parcours est profondément lié à la parole, à l’écoute et à la transmission. À travers son expérience radiophonique, elle a développé une attention rare au rythme des mots, à leur justesse et à leur capacité à faire naître une présence.

Dans un contexte artistique, sa voix devient un véritable espace de passage. Elle ne se contente pas de lire un texte : elle lui donne un souffle, une densité, une adresse. Les mots quittent alors la page pour habiter le lieu, toucher l’écoute et ouvrir un paysage intérieur.

Par sa manière sensible d’incarner la parole, Manuela Salvi accompagne les œuvres sans les expliquer. Elle crée les conditions d’une écoute profonde, où le texte devient vibration, mémoire et apparition.


Jorge Canete
Lauréat en 2014 du prix du meilleur designer international, Jorge Canete est un artiste suisse multidisciplinaire dont la pratique fait dialoguer installation, texte, image et rituel.

Son parcours se lit comme trois vies : une première, en Suisse et à l’international, comme dirigeant dans l’industrie du luxe (notamment l’horlogerie) avec un Executive MBA (Business School Lausanne, 2003) où se forgent le sens du temps et de la précision; une deuxième, orientée vers l’espace avec un diplôme en Interior Design (London Metropolitan University, 2003-2005) et de nombreuses récompenses internationales ; une troisième consacrée à l’art, qui rassemble en un seul souffle ces étapes de vie, où la mise en espace devient langage et ses œuvres des sanctuaires contemporains.

Ses créations se construisent comme des traversées, composées de seuils, de proportions, de symboles et de silence. Elles prennent la forme de lieux sacrés, où la mémoire, l’absence et la métamorphose deviennent des présences actives, portées par une grammaire de signes sobres et puissants. 

Au cœur de cette démarche se déploient des installations rituelles et évolutives. L’œuvre se modifie avec le passage et l’intervention des participants, afin que l’action devienne réflexion et engagement. En échange, un talisman est remis au visiteur en signe de gratitude, prolongeant l’expérience hors de l’espace d’exposition, comme une trace à emporter.

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